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Interview
Martin Balépa, Directeur général d'Afristat
« Pour programmer et organiser le travail statistique dans son ensemble, nous mettons en place une stratégie nationale de développement de la statistique. Tous les pays adhèrent. C'est une véritable révolution ! »
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Martin Balépa, Directeur général d'Afristat, lance un plaidoyer à l'intention de tous les acteurs des Systèmes statistiques nationaux pour relever ensemble les défis auxquels ils font face.


Comment appréciez-vous la situation actuelle des Systèmes statistiques nationaux en général et des Instituts nationaux de statistique en particulier dans les États membres d'Afristat ?

Martin Balepa : Les Systèmes statistiques nationaux (SSN) à tout le moins leurs Instituts nationaux de statistique (INS), ont connu de véritables progrès dans tous les domaines. Nous avons opéré des mutations institutionnelles pour donner aux services statistiques plus de responsabilités et pour leur assurer les ressources nécessaires à une production soutenue et plus régulière. Ces progrès accomplis sont à mettre à l'actif d'une riche coopération avec les partenaires bilatéraux et multilatéraux attentifs, au rang desquels je citerai, sans chercher à être exhaustif ni à respecter un ordre de priorité, Paris21, la France, la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, la Coopération suédoise, l'ACBF, la Cemac, l'Uemoa... mais aussi Afristat. Je salue le travail de tous les acteurs, que ce soient les gouvernements et responsables des SSN ou les Partenaires techniques et financiers (PTF).

Quelle est la clé pour faciliter ces changements ?


Depuis 2005, presque tous les pays se sont dotés ou sont en train de se doter d'une Stratégie nationale de développement de la statistique (SNDS). Aujourd'hui, cet instrument représente un véritable cadre dynamique pour programmer et organiser le travail statistique dans son ensemble. Une véritable révolution à laquelle tous les pays, et leurs PTF, ont adhéré.

Les Instituts nationaux de statistiques produisent davantage et plus régulièrement. Voyez-vous d'autres
défis à relever ?

Développer la diffusion me semble aussi un défi important à relever. L'utilisation massive des nouvelles technologies de l'information et de la communication (TIC) est une opportunité pour nos pays : les TIC nous permettent de mieux communiquer sur nos activités. Les INS ont compris qu'il fallait sérieusement investir dans ce domaine pour non seulement aller à la rencontre de l'utilisateur le plus exigeant mais aussi faire connaître le fruit de leurs efforts quotidiens.

Les SNDS sont maintenant entrées dans la culture de nos instituts. Voyez-vous d'autres instruments pour promouvoir la statistique ?

La promulgation prochaine de la Charte africaine de la statistique par les Chefs d'Etat présage d'un engagement nouveau des États africains pour « booster » davantage la statistique comme outil indispensable à l'élaboration des politiques et des stratégies de développement de nos pays. Certes, les systèmes statistiques nationaux n'ont pas encore atteint leur plein développement. Mais je suis convaincu que la dynamique instaurée par la communauté internationale, de concert avec les pays bénéficiaires de ses appuis, ira de l'avant.

Quel rôle joue Afristat pour aider les SSN à relever ces défis ?

Martin BALEPA
Afristat est une organisation internationale. Parmi ses missions, clairement définies dans le traité fondateur, figure le renforcement des capacités statistiques des Etats-membres et des organisations sous-régionales. Il suffit de lire les objectifs des programmes stratégiques de travail de moyen terme d'Afristat et ceux inscrits dans les SNDS des États membres pour se faire une idée claire du rôle d'Afristat auprès des systèmes statistiques nationaux. Notre action consiste à fournir une assistance technique pour améliorer la quantité et la qualité de la production des données statistiques dans le secteur réel.

Concrètement, comment se manifeste cette assistance ?

Afristat propose des outils pour harmoniser l'information statistique ; et nous développons la coopération Sud-Sud, en faisant appel aux cadres des États-membres les mieux équipés pour aider ceux qui sont dans le besoin. Nous contribuons à consolider les politiques d'intégration régionale. De par ses activités et son audience, Afristat constitue aujourd'hui un cadre idéal pour mobiliser les financements en faveur du développement de la statistique dans les États membres. Afristat joue aussi le rôle d'agence d'exécution pour des partenaires techniques et financiers engagés dans le développement de la statistique dans les États d'Afrique subsaharienne.

Vous n'avez pas parlé des écoles africaines de statistique. Quelles sont vos relations avec elles ?

Afristat a noué des relations solides avec les écoles de formation statistique d'Abidjan, de Dakar et de Yaoundé. Non seulement, Afristat accueille régulièrement les étudiants de ces écoles en stage, mais les experts d'Afristat réalisent des missions d'enseignement dans ces écoles. Ces différentes activités constituent autant d'opportunités intéressantes proposées aux futurs jeunes diplômés pour se préparer à intégrer le monde professionnel.

Quelles perspectives envisagez-vous ?

Premièrement, il convient de consolider les acquis en améliorant les services déjà offerts. En deuxième lieu, malgré les efforts actuellement déployés, les experts d'Afristat se consacrent essentiellement à renforcer les capacités statistiques, au détriment quelque peu de la fonction d'observatoire d'Afristat. Certains prennent des initiatives actuellement pour accélérer ce rôle. En troisième lieu, les experts et les États membres entendent prolonger leurs travaux par la recherche appliquée pour mieux en valoriser les résultats. Le prochain programme stratégique de travail de moyen terme d'Afristat pour la période 2011-2015 devrait prendre en compte ces trois objectifs. Cependant, la réussite ne sera possible que si les États membres et les partenaires d'Afristat maintiennent et renforcent leur engagement à soutenir Afristat d'une part, et si Afristat consent à réformer son organisation pour faire face aux nouvelles exigences qu'impose son développement, d'autre part.

Quel message adressez vous à l'ensemble des acteurs des SSN ?


Treize ans après avoir démarré ses activités, Afristat tient ses promesses et consolide sa position d'un pôle de compétences crédible au service des États d'Afrique subsaharienne. Pour poursuivre nos activités dans de bonnes conditions, les experts d'Afristat doivent encore être plus compétents et plus professionnels ; les États doivent renouveler au quotidien leur engagement à leur institution ; les partenaires techniques et financiers, également : sans eux, Afristat ne pourra soutenir son développement au cours des prochaines années. Je ne peux qu'appeler l'ensemble des acteurs à maintenir le cap pour assurer à Afristat un développement harmonieux prenant en compte au fil des ans, les exigences des agendas internationaux, régionaux et nationaux de développement.

12/04/2009